Le CSPTT c’est le droit au sport pour tous à l’Hôtel des Postes Colbert de Marseille

 

A l’Hôtel des Postes Colbert de Marseille la page de l’histoire vivante de la Recette Principale est marquée par une magnifique page du sport aux PTT grâce au Club Sportif des PTT (CSPTT), de ses militants et des valeurs qu’ils portaient.

Nous nous souvenons des marches de Facteurs tant populaires et attendues à Marseille comme dans toute la France ; des championnats de football interentreprises ; des tournois de sixtes mémorables ; sans faire l’impasse de l’extraordinaire Coupe de France de la Vie Ouvrière, c’est l’époque aussi où Marseille RP brillait.

Dans les services des Postes comme des Télécommunications, où il y avait une équipe de football, le lundi on refaisait le match.

L’amitié, la solidarité s’en trouvaient renforcées, l’équipe de copains, engagée dans ce championnat du Samedi, défendait l’honneur du bureau ; cela permettait de mieux souder le personnel lors des luttes.

Ces diverses disciplines étaient sous la tutelle de la FSGT. Une fédération sportive populaire, solidaire et engagée.

La Fédération Sportive Gymnique du Travail (FSGT)

La FSGT est une organisation qui a pour objectif de développer l’activité sportive pour le monde du travail : son origine remonte à la création des premiers clubs ouvriers en 1908. Le 24 Décembre 1934, la Fédération Sportive du Travail et l’USSGT (Union des Sociétés Sportives et Gymnique du Travail) fusionnent pour donner naissance à la FSGT.

Sa création visait à préparer les adhérents à un rôle du « citoyen au service de la République Laïque et Démocratique » comme indiqué dans l’article 1 des statuts. (Nous étions dans une période face à la montée du fascisme en France)

Le droit au sport pour tous

Son implication a été significative au moment du Front Populaire de 1936 avec les congés payés et la création du brevet sportif populaire après des épreuves sportives remis en fin d’année scolaire (certificat d’étude de l’école communale) ; de la rénovation des contenus de l’éducation physique et la présence d’un éducateur physique fonctionnaire d’Etat à l’école ; du soutien au développement du sport associatif (lois du sport, installations de proximité, activités adaptées aux situations des cités populaires etc.) dans la période 1960-1980.

Mais aussi avec des prises de positions sur la résistance à l’occupant nazi avec l’édition d’une revue, sur la dénonciation des guerres coloniales en Algérie et en Tunisie (1945-1960)

 

L’histoire de la naissance du CSPTT

À la Libération, la mise en place des comités d’entreprise incite la CGT à s’intéresser de nouveau directement aux activités physiques et sportives, mais avant tout sous l’angle du sport à l’entreprise.

On trouve dans la Vie ouvrière, beaucoup d’articles consacrés aux sports à l’entreprises. L’hebdomadaire CGT parraine de nombreuses compétitions dont la mise en œuvre concrète est assurée par la Fédération sportive et gymnique du travail (FSGT) notamment une Coupe de France de football corporative impliquant 309 clubs d’entreprise en 1947. 

L’un des cas les plus emblématiques est celui des Clubs Sportifs des PTT (CSPTT), créés par les agents des PTT sous l’impulsion de la CGT en réaction à l’absence d’un comité d’entreprise et à une politique élitiste des cadres de l’administration contrôlant l’Association Sportive des PTT (ASPTT). L’ASPTT était une concentration des moyens (financiers) à caractère sociaux détournés de la masse des personnels au profit d’équipes ‘fanion’ (allant jusqu’au professionnalisme) pour faire briller le blason des hauts dirigeants de l’administration des PTT.

Après plusieurs contestations, les hauts dignitaires des PTT finissent par accepter la création d’équipes de bureaux autonomes au début des années 1950, mais sans aucun soutien matériel. Sous la direction de Georges FRISCHMANN, la fédération CGT des PTT propose d’aider ces équipes, ce que refuse le secrétaire général de l’ASPTT, Robert VEYSSIERE, invoquant la « stricte neutralité » de son club, tout en avouant avoir consulté la fédération PTT de FO et la Fédération des syndicats chrétiens (Courrier de Robert VEYSSIERE à Georges FRISCHMANN, 16 novembre 1955. Archives de l’IHS de la Fédération des PTT de la CGT, fonds Georges FRISCHMANN.).

Des militants de la CGT organisent toutefois des tournois de sixte et de rugby puis un cross à la Courneuve en 1958-1959 avec l’aide logistique de la centrale, attirant « des centaines de participants, au-delà de leurs espérances, dont beaucoup de joueurs de l’ASPTT malgré l’interdiction de la direction. Cette impulsion aboutit à la création d’un CSPTT à Marseille, puis à Paris en 1959, qui vont tous deux adhérer à la FSGT » (Conférence de Serge Lafourcade, co-fondateur du CSPTT, enregistrée en 1992. Archives personnelles de Roland MAUPOME.).

Si cela permet aux adhérents de ces clubs de s’insérer dans un réseau de compétition, ils restent en revanche assez démunis sur le plan matériel et revendiquent ainsi des moyens pour la pratique, tout en rejetant les « privilèges » : « Dans chaque bureau, chaque CSPTT avait des revendications : […] un panneau d’affichage […] la possibilité de temps en temps que l’on accepte des congés. Mais on ne demandait pas des libertés pour nous hein ! Les ASPTT avaient des libertés, on était contre […] le fait qu’ils aient des libertés pour aller jouer et qu’ils ne soient pas remplacés. Ce n’est pas normal qu’en tant que sportifs, on ait des libertés particulières […]. Il n’y a pas de raison que mon collègue qui ne fait pas de sport, il fasse le boulot à ma place » (Roland MAUPOME, secrétaire de l’Union des CSPTT de 1974 à 1999, militant CGT, entretien du 10 septembre 2012.)

Le même raconte cependant l’organisation complexe mise en place dans les centres de tri et les bureaux pour permettre aux sportifs de prendre part aux compétitions : « les agents changeaient de brigades et se faisaient remplacer. Il y avait tout un pan de combines, mais qui étaient tout à fait correctes ! Sans tricher, on changeait de service, on était remplacé, on posait parfois un jour de congé mais on rattrapait ». Ce système de débrouille apparaît cependant à la fois comme une marque de distinction à l’égard de l’ASPTT, où les décharges étaient monnaie courante, et une manière de faire de nécessité vertu, puisque les absences n’auraient certainement pas été autorisées. On peut interpréter, de la même manière, la très forte valorisation de l’implication des pratiquants dans le travail d’organisation que l’on retrouve dans les témoignages comme dans les bulletins de sections :

« Avec de nombreux licenciés, le CSPTT est un gros club qui ne peut et ne veut pas se contenter d’une poignée de dirigeants. Chaque joueur doit être conscient de sa responsabilité au sein du Club et chaque Assemblée générale est faite pour lui. Toutes les décisions, les manifestations et les activités du CS le concernent et doivent avoir son approbation ; les responsables doivent connaître son avis. La bonne marche du club dépend de chaque licencié ! »

La démocratie interne, motif fondateur de la contestation contre l’ASPTT, implique une certaine horizontalité difficilement compatible avec la hiérarchisation interne non seulement entre pratiquants mais entre ceux-ci et les dirigeants.

Roland MAUPOME affirme ainsi « déteste[r] les gens qui sont sur le bord de la touche avec un gros ventre et qui disent aux autres de courir plus vite […] La grande force de nos sections, c’est que tous les dirigeants et les responsables mouillaient le maillot avec les autres ! » (Roland MAUPOME, entretien cité.).

« Les gars de l’ASPTT venaient sur la touche pour essayer de récupérer nos gars, parce que bon, ils avaient des moyens eux ! Beaucoup de jeunes sont partis à l’ASPTT, parce que chez nous, il fallait acheter les chaussettes, les crampons, laver les maillots, participer aux réunions aux fêtes organisées pour pouvoir acheter les maillots, tandis qu’à l’ASPTT, ils arrivaient dans les vestiaires, on avait déjà les maillots installés, repassés à leur place »

Le CSPTT va connaître le reflux des adhérents à partir de la fin des années 1980, cela était dû aux restructurations profondes de la Poste et des Télécommunications avec la casse des services par des désorganisations successives qui vont être suivies de la privatisation et la casse du service public des PTT avec la Loi du 12 mai 1990.

En 1965, dans le journal du syndicat CGT des Bouches du Rhône « la voix des PTT », intitulé « Le Sport et les Jeunes », on peut lire :

« Les jeunes sont à l’honneur et la Fédération Postale CGT met tout en œuvre dans la mesure de ses moyens, pour aider la jeunesse de notre Administration, sans oublier les anciens. Trop de Postiers semblent encore ignorer qu’il existe au sein de notre organisation une commission des jeunes (mise à disposition d’une bibliothèque, et différentes activités culturelles) ainsi qu’un groupe sportif le CS-PTT et c’est notre camarade Henri EMIREN le responsable ».

Lors de son intervention à la dernière assemblée il retrace les quatre années d’existence du CS-PTT. Les débuts, toutes les difficultés, les soutiens et encouragements de tous les camarades qui composaient le bureau à cette époque. Henri leur a rendu un grand hommage pour leur dévouement et leur détermination. Il a cité : Président d’honneur : Guy OULLIE (Secrétaire Général CGT PTT des BdR), BRIFFOT, BRUTUS, VENTURA, LOMBARDI, LEANDRI, LITTARDI, MEMOLI, PAOLETTI, COROMINES, RIGARD-CERISON, GUEZ, FOUQUE, DEVOULX, PEZZELI.

Henri EMIREN souligne la non reconnaissance du CSPTT par l’Administration et donc le refus de lui accorder toute subvention pour élargir son activité et développer le sport chez les travailleurs des PTT.

En 1966, au Congrès du Syndicat des PTT des Bouches du Rhône, Henri EMIREN intervient :

Il apporte au nom du CS-PTT de Marseille et de ses adhérents, ses remerciements au syndicat CGT des PTT pour l’aide accordée dans le domaine du sport corporatif. Il se félicite que la création par la Fédération du club sportif PTT ait obligé « l’officielle ASPTT » à aborder certaines activités volontairement négligées.

« Par le moyen d’un sport directement sous sa coupe, le Patronat joue la carte du paternalisme, et tente ainsi de justifier la possibilité d’une collaboration entre les travailleurs et les patrons, à l’instar de l’esprit d’équipe que l’on trouve sur un stade. C’est ce qui explique les efforts conséquents déployés par le Patronat et l’Etat capitaliste pour prendre en mains des organisations de sport et de plein air. A cet égard, le syndicat se doit de démystifier une telle tentative qui fait partie de l’aspect idéologique de la lutte de classes à mener. C’est là une des raisons de l’existence du CS-PTT. Une autre raison, tout aussi fondamentale, réside dans le fait que le droit au sport, c'est-à-dire l’épanouissement des facultés physiques de l’homme est plus que jamais nécessaire, dans un monde où la mécanisation et la rationalisation du travail, visent à faire de l’être humain une machine « rentable » aux seuls profits des capitalistes et sans aucun égard pour la santé de l’individu. L’activité des militants du CS-PTT est donc au moins aussi bénéfique que celle des autres militants de notre syndicat regroupant tous les travailleurs des PTT sans distinction d’appartenance syndicale. Le club sportif, donne la preuve de la possibilité d’une activité commune et organisée pour la défense de buts communs ».


En 1967, le Congrès de la FSGT d’Alfortville

Un Congrès d’exception ouvert sur l’avenir et la défense des vraies valeurs du sport et de son rôle éducatif : « Pas de sport sans vie sociale mais pas de vie sociale sans clubs ».

Un fort taux de participation avec 812 délégués venus de toute la France, plus les délégations étrangères (Italie, Yougoslavie, Pologne, Bulgarie, Belgique, URSS, etc.).

Le rapport d’ouverture d’un très haut niveau, très explicite, sera présenté en trois points fondamentaux par le secrétaire général Roger FIDANI.

En voici quelques extraits :

La situation générale du mouvement sportif français :

« Quand on pense que sur 49.000.000 d’habitants d’environ 25 ans d’âge, il n’y a que 2.500.000 pratiquants sportifs. Il est incontestable que pour la plupart de nos pratiquants et même certains dirigeants, la pratique sportive en général est vue comme un jeu ou un délassement plutôt que comme une pratique sociale, éducative et culturelle. Exemple : La stagnation générale de l’ensemble des effectifs dans le mouvement sportif Français ».

Les conceptions de la FSGT dans cette situation et, pour l’avenir, le rôle fondamental du club. « L’activité sportive est un besoin social et culturel. Ce n’est pas une fin en soi, mais un puissant moyen d’éducation comme le thème central du congrès nous le rappelle. Le rôle fondamental du club, sa responsabilité, sa contribution au développement d’un sport éducatif de masse et de haut niveau doit être le point de réflexion de tous ».

Et face à l’évolution du mouvement sportif mondial tournant le dos à la pratique d’un sport éducatif de masse, Roger FIDANI précise : « Pour pallier à cette carence, la FSGT suggère l’unification du mouvement sportif sur des bases solides, éducatives et démocratiques ouvert à toutes les fédérations par la création d’un comité général du sport avec des structures départementales et locales qui permettraient de convoquer un congrès tous les deux ans ».

L’éducation des adhérents et la formation des cadres, les revendications.

« Notre Fédération étant toujours à l’avant-garde pour une meilleure conception de la pratique sportive. Le Cercle d’Etudes National prenant une ampleur de plus en plus grande après le succès prometteur des stages Maurice Baquet à Sète et la création du mémento et l’apport d’idées toujours nouvelles, s’appellera désormais : Conseil Pédagogique et Scientifique. Mais pour être dans les lignes tracées par notre Fédération, il est nécessaire que nos clubs aient une vie démocratique et soient conscients du rôle qu’ils ont à jouer auprès des adhérents et de la fédération, en mettant tout en œuvre pour avoir une pratique multiforme intéressant toute la jeunesse ».

À ce Congrès Vincent MEMOLI conduisait la délégation des Bouches-du-Rhône, il était entouré et accompagné de Nicole MEURILLON, Marius TRUJAS et Alain VIDAL.


CSPTT et ASPTT … quelle différence ?

Dans l’Echo du CSPTT en 1967, le camarade A BOSNY, au nom du CSPTT Marseille Gare, aborde cette question : Il nous indique tout d’abord que l’ASPTT « est un club-maison omnisports, dirigé par des hauts chefs administratifs et bénéficiant de larges subsides de la part du Ministère ; l’ASPTT n’hésite pas à recruter des non postiers « ne se souciant comme d’une guigne du sport de masse ». L’ASPTT ignore et combat notre CSPTT en qui il veut voir un concurrent. Tout au contraire, le CSPTT/FSGT est un club ouvert aux seuls postiers, dirigé par des copains de travail, ne bénéficiant d’aucune liberté, d’aucun subside administratif, voulant réaliser pleinement son rôle : celui d’appliquer la reconnaissance du droit aux sports à tous les postiers, c’est le seul club luttant vraiment pour la reconnaissance de ce droit »

Puis il insiste sur l’injustice subie par le CSPTT : refus de tout crédit, d’utiliser les installations sportives de l’ASPTT. Et il pose la question sur la juste répartition des crédits alloués par le budget des PTT qui devraient bénéficier à tous les postiers.

« Le CSPTT n’est pas l’adversaire de l’ASPTT, mais tout simplement son complément indispensable ». Notre camarade fustige enfin, l’attitude des présidents, de hauts gradés administratifs, dirigeant l’ASPTT, qui se refusent à se battre contre le Ministère pour l’obtention de crédits plus élevés dans le domaine du sport ; ces dirigeants sont désignés et non élus ne pouvant qu’appliquer les ordres du Ministère.  

« Certes, à Marseille, les réalisations de l’ASPTT sont conséquentes, valables, et nous sommes heureux pour les sportifs postiers. Mais le CSPTT veut contraindre l’ASPTT à appliquer le droit aux sports à tous les postiers, elle ne veut pas 2 ou 3 équipes fanions et la volonté du vedettariat, qui est la négation de notre conception sportive. Certes il y a SAINTE ROSE, Claude MANDONNAUD et d’autres athlètes vedettes, mais il y a aussi 150.000 jeunes postiers désirant pousser un ballon, sauter, nager, pratiquer l’athlétisme avec leurs moyens physiques, sans pour autant se sentir parents pauvres    parce qu’obscurs. Le CSPTT appuie le programme des jeunes de la Fédération Postale : 5eme semaine de congés payés, des stades, des salles de sports pour tous, une ASPTT destinée aux postiers, des dirigeants élus dans chacune de sections de l’ASPTT, pas de discrimination entre les Fédérations.

Alors, seulement, les dirigeants du CSPTT, comme l’a si souvent réclamé CHAZE, entreront et œuvreront au sein de l‘ASPTT ». 

Les PTT ont toujours privilégié l’ASPTT se voulant plus près de l’entreprise que des travailleurs en se donnant bonne conscience, alors que la recherche du résultat primait sur la volonté de faire participer le plus grand nombre. L’Administration n’a pas hésité à se lancer dans le sponsoring sur les grandes courses de voiles, sur un cheval, sur les arbitres sportifs. Mais peu, voire rien, pour permettre de choisir et de pratiquer son sport avec sa fédération sportive à l’entreprise.

Les différentes activités du CSPTT dans les BdR

C’est Vincent MEMOLI qui les rappelle : la marche des facteurs, les concours de boules, de pêche sous-marine, l’éclosion de clubs de football, mais aussi des initiatives diverses : arbre de Noël du CSPTT, nuitée dansante (avec la participation du grand orchestre de Georges JOUVIN), gâteau des rois (ouvert à tous les Postiers). Toutes ces initiatives ont permis le rapprochement et l’amitié du personnel, qui pour une partie non négligeable d’entre eux venait renforcer les rangs de la CGT. Pour son engagement et son activité, Vincent a été justement récompensé par le CSPTT, la FSGT et en 1984 par le Ministre des Sports.


Le Football

Les prémices d’un grand CS-PTT : Un Match de football est organisé entre les préposés du 2ème et 4ème arrondissement, il s’est déroulé au stade « La Floride » devant de nombreux supporters. Une première. Il faut imaginer le lundi, les commentaires des facteurs dans les travées de Marseille Colbert. Tout comme le tournoi de sixte qui fut en 1965 un réel succès avec 46 équipes engagées évoluant sur deux terrains de Foot.


Les tournois de sixte : un moment populaire de masse

Tournois de sixte organisés chaque année par l’Union des Syndicats CGT des PTT des BdR, par la commission des jeunes, avec le CSPTT affilié à la FSGT.

Le samedi 19 Mai 1984, comme chaque année ce tournoi s’est tenu sur les stades de la MAUSSANE, dans le 11ème arrondissement de Marseille. Dans l’information annonçant l’évènement, il était rappelé les règles : « Tournoi réservé uniquement aux Postiers. Toute équipe ne respectant pas cette donnée sera éliminée ». A ce propos, Alain CROCE nous indique, dans le compte rendu de cette après-midi, ciblant une équipe des Chèques Postaux de Marseille : « Les CCP A » dont les joueurs sont à féliciter tout de même pour la prestation sportive qu’ils ont fournie, ne reçoivent aucune coupe, ayant perdu sur le tapis : ils avaient un non postier au sein de leur équipe. Le règlement est formel, nulle entorse ne saurait être observée ».

Cette après-midi-là, une quarantaine d’équipes étaient engagées, avec une représentativité plus large puisque pour la première fois, sept équipes des Télécoms étaient présentes. Pour les Bureaux de Poste représentés par une équipe : Marseille Rome, Marseille RP, Marseille St Louis, Marseille 14, 07, la Brigade Départementale, St Ferréol, Aubagne, d’autres avec plusieurs équipes comme Marseille 05, 06, 08, 09,10, Honnorat.

Alain CROCE souligne l’ampleur populaire de l’initiative sportive : « lorsque joueurs, parents, amis se rassemblèrent au Stade de la MAUSSANE, ils étaient près de 300. Vaste succès populaire donc et l’occasion, pour bon nombre de Postiers et Télécommunicants, de se retrouver le temps de ces rencontres. Sur les quatre terrains, les matches se succèdent. Les équipes occasionnelles, composées d’anciens joueurs et de néophytes, footballeurs d’un après-midi, ont tôt fait de regagner les vestiaires. L’essentiel étant de participer. D’autres équipes, composées de joueurs aguerris, filent de succès en succès. Après les demi-finales voyant les équipes de Marseille 06 et Marseille RP éliminées, c’est la Brigade Départementale qui bat l’équipe des Chèques (CCP A) par 3 buts à 1, après une belle prestation de notre camarade Alain TORDJMAN auteur de deux buts.  La nouvelle coupe Henri AUZIAS, commémorant, en cette année 1984, le 40eme anniversaire de son assassinat par les nazis, va donc à la Brigade pour un an. La coupe du CSPTT (pour les demi- finalistes) va à Marseille RP, après tirage au sort ».


La marche des facteurs

Cette manifestation, organisée chaque année sur l’ensemble du territoire, a connu régulièrement un très grand succès populaire avec le soutien actif du journal La Marseillaise.

Le 21 Mai 1967, à Marseille, a eu lieu la 22ème marche des Facteurs du Sud-Est. Avec la participation des facteurs de tous les départements de la Région.

Pour la 3ème année consécutive le champion Marcel Chapus de Marseille 02 emportait l’épreuve en 38’40’’ ; le 109eme et dernier concurrent finissait son parcours 32’ plus tard. Il s’agissait d’un très grand évènement, avec une foule joyeuse assistant au défilé des Majorettes et soutenant les participants, en qui, chacun voyait son Facteur dans sa tenue de messager, celui qui, à cette époque représentait le symbole du lien social.

Le CSPTT MARSEILLE, club sportif des PTT créé dans les années d’après-guerre, affilié à la FSGT. Si le club a aujourd’hui disparu, il a rayonné sur l’ensemble du département des Bouches-du-Rhône avec des centaines de licenciés au football, puis dans d’autres disciplines, devenant omnisports, dans des sections créées dans les bureaux ou services, ce que n’a jamais pu faire l’ASPTT qui contrairement au CSPTT, était dirigée par des dignitaires des PTT, ce que ne voulaient pas les militants de la CGT à l’origine de sa création.

Ce club sportif a été imposé dans l’Administration des PTT, conquérant de nouveaux droits pour le « Sport à l’entreprise » avec l’aide de la FSGT. C’était le sport pour tous et non pas réservé à une élite.

Enfin l’équipe dirigeante du CSPTT, participait chaque année, dès sa création par le journal La Marseillaise, à l’organisation d’un évènement populaire le concours de boules « le Mondial Ricard La Marseillaise à Pétanque » à pétanque. Ce qui est aujourd’hui un évènement planétaire « le MONDIAL A PETANQUE », mais toujours autant populaire.




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