Alain Croce, militant de la Cgt et du Parti Communiste

 



C'était à la fin des années 80. J'étais jeune facteur dans le 15ème arrondissement de Marseille. Je ne connaissais pas encore Alain mais son nom, déjà, chantait en moi.

Alain Croce, le secrétaire de la Cgt Poste des Bdr. Un demi Dieu quoi !

Puis je l'ai rencontré. Et c'était un être humain. Si profondément humain. Si sensible à l'injustice. Si déterminé à la combattre. Si confiant en la Victoire. A ses côtés, cette belle force de changer le Monde devenait en nous irrésistible.

Avec d'autres, Alain AGUILERA, Nicole BAMOUDROU, Claude PELISSIER, Richard WERMELINGER, Jean Luc BEAUMELLE, Marc BARRIEU, il nous aura donné ce sens de l'Organisation, syndicale ou politique, « le nerf de la guerre » selon Lénine, sans laquelle la révolte reste à plat, ne construit pas, et se délite.

Oui. Alain a donné, donné, donné. Au risque de perdre.

Debout dès 4 heures à éplucher la presse, les dossiers, puis les prises de parole dans les services au petit matin, les réunions, les audiences, les négociations, et les soirées à écrire et à écrire encore, des années durant.

Oui. Alain était un exemple. Toute sa vie nous dit que d'assis on ne change pas le Monde. Et, auprès de lui, progressivement, nous avons repoussé nos propres limites. Mais, à dire vrai, je ne crois pas que nous ayons jamais atteint la magnifique constance de son engagement. Il était hors de portée. Ceux de la Recette Principale et de Marseille 02, mes camarades que je salue fraternellement, auront certainement vécu avec Alain les plus extraordinaires combats de leurs vies de postiers.

Des grèves de plusieurs mois, en 1992 et 1995, pour la réduction du temps de travail. En 2011, contre la précarisation de l'emploi. Je me souviens de son discours de la Victoire, le 22 Février 2011, dans la cour de Mazenod. Alain cite Gandhi. « D'abord, ils vous ignorent. Ensuite, ils se moquent de vous. Ensuite, ils vous combattent. Et enfin, vous gagnez. » Tout Alain est dans cette affirmation.

Christophe GALEA, qui fut secrétaire de la section Cgt de Marseille 02, écrivait à l'annonce de sa mort : « Tu es immortel Alain et je t'aime. »

Il a raison.

Pour nous, Alain est immortel. Et nous l'aimons.

Nous l'aimons tant.

Vive Alain Croce, Vive la Cgt et le Parti Communiste.

 

Richard GARRO, le mardi 22 mai 2018.























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